Mondiaux. Lemeunier surprend son monde
Avec Denis Lemeunier, nous bouclons aujourd'hui
notre tour d'horizon des Bretons qualifiés pour Osaka (25
août - 2 septembre). Il n'avait pas fait de ces Mondiaux un
objectif. Loin de là. La surprise n'en a été
que plus belle pour le Finistérien, qui disputera la finale
du 1.500 m fauteuil. Et si l'athlète handisport poussait le
bouchon plus loin encore en montant sur le podium ?
« Je suis désolé pour les deux autres
Français ». A l'heure de s'envoler pour Osaka, Denis
Lemeunier s'excuserait presque de se retrouver dans l'avion. Alors
qu'il n'ambitionnait pas vraiment de se qualifier pour les
Mondiaux, c'est bien lui, l'athlète du Handisport club
léonard (Saint-Pol-de-Léon), qui représentera
la France sur le 1.500 m fauteuil roulant. Au détriment des
deux Tricolores qui en avaient fait leur objectif de la saison.
« Ce qui me manquait c'était la
giclette »
Car Denis Lemeunier a été le plus fort lors des
épreuves de sélection, le 7 juillet au Canada.
Troisième de sa série, le Finistérien a
signé le septième temps sur les 28 candidats à
la qualification. Suffisant pour décrocher son ticket pour
Osaka, où il sera le seul athlète handisport
français en lice sur la seule course (avec également
un 1.500 m féminin) réservée aux non valides.
« Cette sélection, c'est inattendu », souligne
celui qui nous avait habitués jusque-là à des
plus longues distances (de 5.000 m jusqu'au marathon). « Sur
1.500 m, je figurais plus souvent dans le ventre mou. Ce qui me
manquait, c'était la giclette ».
Septième temps mondial
Alors, en début de saison, en compagnie de son
entraîneur, Philippe Corre, il s'est mis à travailler
la vitesse. Tellement bien que, fin juin, il a
réalisé 3'00''25, soit le septième temps
mondial de la saison, gagnant quatre secondes sur son
précédent record. « La fédération
a donc décidé de m'engager au Canada. Mais ce
n'était pas du tout un objectif, même si je savais que
je pouvais faire quelque chose ». Et tant qu'à y
être, Denis Lemeunier compte bien ne pas faire uniquement de
la figuration à Osaka. Même si, parmi les dix
athlètes au départ, il y aura du costaud. Comme le
recordman anglais de la distance. Ou encore un Mexicain, un
Thaïlandais, un Suisse, sans oublier les trois Japonais qui
courront à domicile. « On a souvent vu des courses
remportées par un outsider », glisse malicieusement le
Finistérien, vice-champion de France sur 800 m et sur 1.500
m il y a trois semaines à Niort.
« Il peut y avoir des accrochages
»
« Si je monte sur le podium, ce sera une super belle surprise
», enchaîne Lemeunier, pour qui « une finale est
toujours tactique. Comme chez les valides, il peut y avoir des
accrochages, une vague. On peut se retrouver enfermé
». Bref, tous les rêves sont permis. Même celui
de devenir champion du monde. Comme un seul Français,
Joël Jeannot, l'a fait jusqu'à maintenant sur cette
distance. C'était en 2003 au Stade de France.